Entrez dans l’ère de la créativité

Il y a eu le culte des mathématiques et des esprits rigoureux, bienvenue dans l’ère de la créativité ! On ne sait plus comment le dire : un esprit bien fait ne saurait faire l’impasse sur la créativité.
Il s’agit d’entraîner son esprit à construire des réflexes nouveaux,  de faire des liens intellectuels inédits, d’apporter des solutions plus créatives au lieu de tirer toujours les mêmes ficelles.

Penser « out of the box » comme le disent si bien les anglo-saxons.

Et savoir construire de nouveaux modèles, ça se travaille et les façons d’y parvenir sont protéiformes : mixer les approches, emprunter à des disciplines qui semblent antagonistes, faire se rencontrer des profils divers… Alors comment s’enseigne la créativité ?

Mais avant tout qu’entend-on vraiment par créativité ? Découvrez des facettes de celle-ci avec notre Deuxième Rendez-Vous de l’Inspiration.

Le Design Thinking un concept à la mode mais qui a déjà une longue histoire universitaire.

Le Design Thinking est une des approches parmi d’autres, la plus populaire en ce moment. Il s’agit d’emprunter les méthodes des designers pour les adapter aux problématiques de l’entreprise, de reprendre les étapes de création (réflexion, empathie, … prototypage, …) et en faire une méthodologie de travail pour les managers, ingénieurs et autres financiers.

Mais le premier pas dans le Design Thinking date des années 50 avec l’instauration du toujours très prisé« Brainstorming » : réunir les esprits pour être créatif.

Du point de vue de la théorisation ‘The Science of Artificial’ de Herbert A. Simon en 1969 et ‘Experiences in Visual Thinking’ de Robert McKim en 1973 font figure de précurseurs. Dès les années 1980, Stanford est porteuse de cet enseignement : c’est à cette époque que Rolf State enseignant à la célèbre université en a fait une discipline à part entière et a contribué à la popularité du Design Thinking comme méthode créative. Dès lors Stanford règne en maître sur la discipline avec la création de la d.school Institute of Design, du Design Thinking Action Lab et du Design Thinking Boot Camp : From Insights to Innovation

C’est toujours aux Etats Unis que David Kelley (ingénieur) et Tim Brown (designer) fondent en 1991 à Palo Alto l’agence de design IDEO qui sort le Design Thinking des concepts pour produire une méthode en 5 étapes que l’agence appliquera depuis, et avec un succès grandissant, aux problématiques de ses clients de l’industrie.

Mais l’avancée du Design Thinking n’est pas circonscrite à la côte ouest américaine puisqu’en 1987, Peter Rowe publie son ouvrage «Design Thinking» aux presses du MIT. À partir des années 2000 l’engouement dépasse les frontières des Etats-Unis et on ne compte plus les colloques et les publications dédiés à cette approche pour se concrétiser, en France, par la création en 2012 d’une école de Design Thinking à Paris aux Ponts et Chaussées.

Avec le Design Thinking, une première brèche se fait dans l’ultra compartimentation des créatifs et scientifiques, la naissance des Fab Lab va encore plus loin en permettant à tous les profils de se réunir dans un lieu avec pour but communlacréation.

Le Laboratoire de Fabrication : créativité, échanges et technologies

Qu’est-ce qu’un Fab Lab exactement? Il s’agit d’un lieu ouvert à tous (entrepreneurs, artistes, étudiants, bricoleurs…) où sont mis à disposition toutes sortes d’outils machines, pilotées ou non par ordinateur, pour la conception et la réalisation d’objets et de projets. Véritables espaces de rencontres, d’échanges et d’entraides, ils sont les lieux par excellence de la complémentarité de la science et de la créativité.

C’est le MIT qui est pionnier en la matière et l’initiateur en est le professeur Neil Gershenfeld. Partant du constat qu’une communauté peut être rendue plus créative et productive si elle a localement accès à une technologie, il lance dès le début des années 1990 le programme Fab Lab., depuis les initiatives se multiplient.

Mais qu’il ne vous prenne pas l’envie de créer votre Fab Lab au débotté ! Une charte des fabs labs a été mise en place pour avoir droit à cette appellation et plus encore pour être certifié « Fab Lab MIT » : il faut passer par toute une série de formations et de certifications… Malgré cette rigueur, il y a aujourd’hui plus de 150 Fabs Labs répondant à la charte à travers le monde.

En France aussi le constat de l’efficacité créative et productive des Fab Lab est fait et dans le cadre de la French Tech, le Gouvernement encourage vivement les quelque 4000 Espaces Publics Numériques présents sur le territoire à migrer vers la certification Fab Lab.

L’impulsion créative a gagné l’hexagone et l’enseignement supérieur n’est pas en reste…

Etudiantes, étudiants soyez brillants et créatifs !

Guidés par des spécialistes, les étudiants apprennent à sortir de leur zone de confort, à modifier leurs réflexes intellectuels et à changer leur angle d’approche. Les écoles s’adaptent ainsi aux besoins des entreprises afin de créer les Janus 2.0 : des professionnels capables d’alterner analyse et création. Car à l’heure de l’adaptabilité sans limite et de l’innovation à tout prix, il est évident que les entreprises ont cruellement besoin de profils parés aux changements et aux mutations.

Des profils adaptables, oui mais aussi porteurs de création, d’idées nouvelles, capables de transposer des pratiques efficaces puisées çà et là à leur domaine d’action et qui permettront ainsi aux entreprises de s’installer dans la durée et de rebondir toujours plus vite aux modes et aux bouleversements. A l’image des nouvelles grandes figures entrepreneuriales que sont Steve Jobs ou Mark Zuckerberg (pour ne citer qu’eux) reconnus aussi bien pour leurs qualités d’hommes d’affaires que pour leur génie créatif.

Quelques lectures

Design Thinking –  Peter Rowe

The Science of Artificial – Herbert A. Simon

Experiences in Visual Thinking – Robert McKim

Creative Intelligence: Harnessing the Power to Create, Connect and Inspire – Bruce Nussbaum